Rare sabre d’abordage de pirate noir, avec inscription chinoise sur lame. Mer de Chine. Tonkin

Epoque :  fin XVIII, début XIXe
Style : Fer forgé, tressage d’origine
Etat : Très Bon

Matière : Fer
Longueur : 75 cm

Mer de Chine. Tonkin. Rare sabre d’abordage de pirate noir, avec inscription chinoise sur lame. Tressage d’origine. Epoque fin XIXe. Longueur 75 cm.

La piraterie en mer de Chine connaît un renouveau à la fin du XVIIIe siècle. Les frères Tây Son emploient des corsaires à la fin des années 1780, revitalisant une piraterie qui s’organise en une Confédération quelques années plus tard. Celle-ci établit son siège sur la péninsule de Leizhou dans la province du Guangdong.

En 1797, le pirate Cheng I est le leader de cette Confédération de six escadres composées chacune de 10 à 40 jonques. Chaque escadre est identifiée par la couleur de son pavillon : rouge, noir, blanc, bleu, vert ou jaune. Des règles précises sont édictées concernant le règlement des conflits, les tactiques à adopter et le partage des butins.

Un cinquième des prises vont aux capitaines des jonques, le reste alimente une caisse commune. La puissance militaire et financière de la Confédération est telle qu’elle peut imposer un « ordre pirate » face à un pouvoir chinois miné par la corruption des mandarins. Entre Canton et le Vietnam, les routes maritimes sont sous le contrôle des escadres pirates qui rackettent les navires de passage, y compris européens, et attaquent les récalcitrants. Les marchands en viennent à payer à la Confédération une « cotisation » qui préserve leurs bateaux mais renchérit le prix des marchandises. Les pirates imposent un régime de terreur par les mutilations qu’ils font subir à leurs prisonniers et par les raids qu’ils mènent sur les côtes pour se procurer armes et munitions. Après la mort de Cheng I en 1807, son épouse Ching Shih  prend la tête de la Confédération avec son fils adoptif Zhang Pao Tsai et fait appliquer un dur règlement : ainsi tout déserteur a les oreilles coupées et toute relation avec les femmes prisonnières est puni d’un saut à la mer les pieds liés.

Le pouvoir central chinois tente à plusieurs reprises de combattre l’influence de la Confédération. Une première campagne est menée en 1805 par le gouverneur Na YenCheng, mais ses résultats sont éphémères. Les Européens, soucieux pour leurs intérêts économiques, protestent quand les pirates s’approchent à nouveau de Canton. Les autorités chinoises font appel à un navire américain, avec quelque succès, mais ne parviennent pas à affaiblir réellement la Confédération. L’empereur décide finalement de lancer une politique d’indulgence qui aboutit à la reddition des deux principales escadres en 1810 et des autres l’année suivante.

Pirates chinois attaquant un navire marchand (début du XIXe siècle)

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