Plaque – Ligue Maritime et Coloniale

Epoque :  20 ème siècle
Etat:
Bon Etat.
Matière:
Plaque émaillée
Dimensions :
76 x 55 cm.
Référence (ID):

Plaque – Ligue Maritime et Coloniale Plaque en tôle peinte  » LMC, Ligue Maritime et Coloniale », simple face, forme ovale.

1921 : fondation de la Ligue maritime et coloniale.

Notes historiques :

Dans les dernières années du XIXe siècle, les partisans de la « France des cinq parties du monde » se sont regroupés. Ils ont formé un « parti colonial » composé de députés, géographes, militaires, hommes d’affaires, qui a exercé une influence décisive et souvent occulte sur la politique française. Il fut l’une des forces agissantes de la IIIe puis de la IVe République.

En 1936, pour concentrer la propagande, le puissant Institut colonial français (40 000 adhérents en 1935) imagina de consacrer un « jour colonial », puis une « semaine coloniale », chaque année à diverses manifestations : conférences, films, expositions d’art ou de produits coloniaux. Sous son influence furent créées des collections d’ouvrages spécialisés comme les monographies de La Dépêche coloniale ou les biographies intitulées « Nos gloires coloniales » éditées par Le Petit Parisien.

Pour célébrer le centenaire de l’Algérie, 1 200 000 brochures furent remises aux écoles et aux bibliothèques. La Ligue de l’enseignement se voyait offrir des appareils de projection et des « boîtes de vues coloniales » destinés aux instituteurs. Des journaux pour enfants, des almanachs, des albums, des images et des buvards furent distribués dans les classes : il fallait sensibiliser les enfants à l’existence d’une « France des cinq parties du monde » pour créer un jour une opinion publique procoloniale.

Affiche de Paul Colin (vers 1925)

Le mouvement le plus efficace dans cette voie fut sans doute la Ligue maritime coloniale, qui visait le grand public, mais atteignit seulement le monde scolaire. Cette association, qui se bornait à une propagande simpliste dans son journal Mer et colonies, distribué presque gratuitement dans la plupart des écoles et des collèges, eut une influence certaine et durable jusque dans les débuts de la IVe République.

On a parfois douté, dans l’historiographie anglo-saxonne, que le parti colonial français ait dépassé le terme fatidique de 1932, sous prétexte que le groupe colonial n’a pas été déclaré dans la Chambre élue à cette date. En réalité, après un éclatement très provisoire, le groupe colonial se reconstitua en mars 1937 et rassembla 250 députés. La Chambre du Front populaire (mai 1936) fut donc plus coloniale que la Chambre bleu horizon, élue au lendemain de la Première Guerre mondiale (167 députés inscrits au groupe colonial en 1920). Elle fut à coup sûr la plus imprégnée par le mythe de l’Empire de toutes celles qui se succédèrent sous la IIIe République.

D’autre part, jamais les groupes coloniaux et associations ne furent plus nombreux que dans la décennie 1930-1939. On en dénombre plus d’une centaine en 1938, contre 58 en 1914 (le nombre d’adhérents ayant au moins doublé). Face à cette multiplication de comités ou de ligues, les leaders du parti colonial s’efforcèrent d’obtenir un regroupement.

Un combat d’arrière-garde

Menant un combat d’arrière-garde, elles n’osèrent pas modifier leur idéologie, et refusèrent d’adhérer à l’idée fédérale et à la Communauté préconisées par de Gaulle. Elles furent incapables de déclencher une véritable contre-offensive auprès de l’opinion publique, alors que, en 1950 encore, 81 % des Français, redoutant le déclin de la puissance du pays, pensaient que « la France [avait] intérêt à avoir des colonies ». En fonctionnant comme sous la IIIe République, ces organisations se trompèrent : elles n’étaient plus assez puissantes pour exercer un droit de veto définitif sur la politique coloniale.

Le lobby d’affaires colonial perd alors de son efficacité. En juin 1956 par exemple, la loi-cadre qui visait à préparer l’autonomie de l’Afrique noire et de Madagascar, passa à une forte majorité à la Chambre (410 voix contre 105), malgré des tentatives d’obstruction.

A partir de cette date, certains publicistes coloniaux reconnaissaient qu’écartés des médias et ne disposant plus que d’équipes trop restreintes pour orienter la presse, il leur était désormais impossible de « vaincre l’indifférence ou la complaisance de l’opinion vis-à-vis des attaques convergentes menées contre l’Union française ». Eux-mêmes signaient le constat de leur échec.

Provenance :

Acquis auprès de la famille de Charles-Robert Ageron. Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Paris-X, Charles-Robert Ageron a publié de nombreux ouvrages sur la France coloniale et sur l’Algérie, parmi lesquels Histoire de l’Algérie contemporaine (1871-1954) (PUF, 7979), Histoire de la France coloniale, t. II (A. Colin, 1990).

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