Paire de pistolets à silex d’officier de marine – dit « chiens de mer »

Epoque: Époque révolutionnaire,
Style: Autre style
Etat: Bon état général
Matière: Fer et bois
Longueur:
Référence (ID): Paire de pistolets à silex d’officier de marine.

Canons ronds, à pans aux tonnerres frappés, signé « DESAGA ». Platines signées « Four à Tulle » et chiens col de cygne à corps plat. Baguettes et crochets de ceinture en fer. Crosses en noyer sculpté, en tête de chiens de mer. Très homogènes

B.E. Vers 1790.

Cette paire de pistolets est attribué à Jean-Anne Christy de la Pallière.

Note : Jean-Anne Christy de la Pallière, dit « Christy-Pallière » (1755 – 1829) Il entre dans la Marine marchande à 17 ans, part en Chine, puis aux Indes. En 1778, il est dans la Marine royale, participe à la bataille d’Ouessant, en 1779, il sert à l’escadre du Bailli de Suffren et participe à la campagne dans les mers des Indes. Il est Lieutenant de vaisseau en 1793, puis Capitaine de vaisseau. En 1794, son origine noble le fait chasser de la Marine, mais est réintégré en fin d’année. Il est à la bataille d’Algésiras, en 1801, en 1803, il commande le port de Brest, puis en 1805 celui de Toulon.

En 1784, la manufacture de Tulle compte 98 maîtres dont une vingtaine fabriquèrent des paires de pistolets dits « chiens de mer » pour les officiers de la marine marchande, comme pour ceux de la Royale, qui doivent s’équiper à leurs frais (avec parfois une certaine fantaisie).

Le « chien de mer » ou les origines d’une arme racée.  En 1780, l’équipement des officiers s’avère être un marché dont l’importance relative n’échappe pas à un homme… Duché, arquebusier de Tulle, actif de 1780 à 1806. Pour la plupart des auteurs ; Bastié, Casanova, Clergeau, ce serait lui le créateur ou « l’inventeur » du pistolet d’officier de Marine dit « chien de mer », dont la caractéristique essentielle est son pommeau de crosse en « tête de chien ».

Les premiers pistolets de ce type apparaissent au début de 1780 ; ils sont fabriqués pendant une dizaine d’années pour les officiers de la Marine Royale et jusqu’en 1810 pour la marine marchande, les corsaires, les trafiquants et les négriers. Si leur production ne s’est étendue que sur une trentaine d’années, ces armes si particulières ont fortement marqué leur époque et bien au-delà. Bastié et Casanova pensent que le pistolet réglementaire 1779 a inspiré les arquebusiers de Tulle et singulièrement Duché qui en fit une arme de dimensions réduites, pratique pour l’usage en mer et très attrayante avec sa fameuse crosse terminée par une tête de « chien de mer ». Repris par l’ensemble des armuriers de Tulle, ce pistolet va connaitre de nombreuses variantes qui porteront les signatures de Gillet, Piron, Desaga, …

Ce « chien de mer », vendu par paires, s’avéra moins onéreux à l’achat que le pistolet modèle réglementaire 1779 et il était deux fois moins lourd. En ce qui concerne la dénomination « chien de mer », nous n’avons rien trouvé de précis à ce sujet dans la littérature ; mais nous pensons que cette crosse si particulière représente la tête d’un « Terre-Neuve », chien mascotte des pêcheurs de morue de l’époque. Ce chien d’un naturel travailleur, était utilisé pour récupérer en mer les filets de pêche. De plus, les pêcheurs l’emmenaient avec eux, dans leur embarcation, car le Terre- Neuve est renommé pour « l’instinct qui l’amène à se jeter à l’eau pour y effectuer des sauvetages même périlleux » (Larousse). Si l’on se réfère à la description qui en est faite dans l’Encyclopédie du chien, la tête du Terre-Neuve est massive, son museau court et carré.

Pistolet fin XVIII Dit "Chiens de mer"
Pistolets fin XVIII – Signés DESAGA

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