ALEXANDRIA – Diorama mural représentant le bateau mixte

Epoque : Circa 1880

Etat : Parfait état de conservation hormis pour le fin papier de la mer qui, déchiré, est fatigué (brulure du temps).

Longueur : 87 cm – Hauteur : 41 cm

Diorama mural représentant le bateau mixte (passagers et cargaison) Alexandria. Bateau à voile et vapeur. Le bateau est représenté naviguant sur une mer en papier peint.  Le bateau est complet de ses trois mâts, ses deux cheminées crachant une fumée faite de coton noirci, ses six chaloupes de sauvetage, ses treuils ….

Diorama de fabrication artisanale et professionnelle.

Notes historiques (Philippe NEVEUX – expert en objets de Marine):
Les dioramas sont des représentations en situation et en volume de modèles, en d’autres termes, des reconstitutions de scènes.
Ils pouvaient être, et de manière non exhaustive, religieux, champêtres, urbains, maritimes.
Les dioramas maritimes pouvaient donc représenter des scènes de port, de pêche, de bateaux au mouillage, de bateaux navigants par exemple.
Il existe deux grands types de diorama : les dioramas muraux et les dioramas sous vitrine à poser. Ce sont typiquement des travaux de marin. Les dioramas muraux étaient faits pour être accrochés, comme le sont les tableaux, aux murs. Ils étaient généralement faits d’une boite en bois dont il manquait le couvercle à la place duquel il y avait un cadre et une vitre pour protéger la composition. La composition classique était de représenter un bateau, objet même du diorama, et éventuellement de plusieurs autres petits bateaux et si tel était le cas figurait souvent un bateau pilote.
Outre le souci esthétique recherché par la présence d’un autre voilier plus petit permettant aussi d’évaluer les échelles de proportion, la présence du bateau pilote représentait symboliquement le retour attendu et espéré.
Les voiliers étaient représentés par beau temps, toutes voiles dessus. La encore, le souci d’esthétique prévalait car par grand vent il aurait fallu amener de la toile. La composition en aurait été moins gracieuse et moins bien équilibrée. Mais au-delà de ces considérations artistiques, les marins étaient superstitieux et ils ne cherchaient pas à s’attirer quelques foudres en représentant le bateau et l’équipage à la peine. Leur vœu le plus cher était de marcher sous brise modérée, toutes voiles gonflées, à vive allure dans la direction du port où on les attendait.Les voiles étaient le plus souvent en bois. Les bateaux reposaient sur des mers peintes en bois sculpté, en mastic modelé à la forme de la houle et des vagues. Un phare, des fortins pouvaient enrichir la composition. Au fond de la boite le ciel était peint, une côte, des amers, des voiliers pouvaient l’être aussi.
Enfin les bateaux étaient présentés soit entiers soit coupés par leur moitié comme le sont les demi-coques, étant précisé qu’ils étaient, dans ce cas, plus courants que les premiers.
Dans certaines régions de France, ces dioramas muraux portaient le nom de « germaine » sans que l’on ne sache en déterminer la raison.

Les dioramas sous vitrine étaient faits pour être posés sur un meuble. Les vitrines à structure en bois étaient vitrées sur toutes les faces ou non, dans ce cas le fond et le ciel étaient constitués de planches peintes. Les bateaux représentés l’étaient en entier. Les bateaux étaient à sec de toile au mouillage ou en route. Les voiles pouvaient être en bois, en papier, en métal et beaucoup plus rares en peau de vessie de porc. Les mers étaient en bois, en mastic, mais aussi en crin de cheval ou en fibre végétale sur lequel il était déposé un lourd apprêt lui-même peint.
Ces dioramas dans leur forme la plus simple pouvaient être réalisés à bord. Pour ceux qui étaient beaucoup plus fins et complexes, tant sur le plan de la composition que celui des vitrines, si le travail préliminaire pouvait être fait à bord, ils ne pouvaient être réalisés ou finalisés qu’à terre.

Provenance :